Valorisation des résidus de cultures : le MAERAH sensibilise les producteurs sur le terrain
Le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH), à travers la Direction générale des productions animales (DGPA) avec l’appui du Projet de Résilience et de Compétitivité de l’Élevage (PRECEL), organise des séances de démonstration pratique sur les techniques de valorisation des résidus de cultures et de formulation de rations alimentaires à base d’ingrédients locaux dans les régions du Bankui, du Guiriko et des Tannounyan.
Selon le Camarade Ferdinand ZONGO, Directeur de la Vulgarisation et de la Recherche-Développement en Elevage, ces séances de démonstration visent à rapprocher les innovations techniques des producteurs en leur permettant de découvrir, mais surtout de pratiquer des méthodes simples et adaptées pour transformer les résidus de récolte en ressources alimentaires pour leurs animaux.
Pour lui, la raréfaction des ressources alimentaires pour le bétail constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les éleveurs au Burkina Faso. Face aux effets du changement climatique, à l’irrégularité des précipitations, à la dégradation des pâturages naturels et à la pression croissante sur les ressources fourragères, nourrir les animaux devient une préoccupation permanente pour les producteurs. Pourtant, une partie des solutions se trouve parfois à portée de main, dans les champs, sous la forme de résidus de cultures souvent sous-exploités ou considérés comme de simples déchets agricoles.
« Les tiges de maïs, pailles de riz, fanes de niébé et de légumineuses, résidus de sorgho ou de mil sont autant de matières végétales qui, lorsqu’elles sont convenablement collectées, conservées, préparées et valorisées, peuvent contribuer à renforcer la disponibilité alimentaire du cheptel » a-t-il précisé.
Dans chaque localité, les producteurs ont appris les techniques de mise en boîte des résidus d’herbe de riz, le broyage des tiges de maïs, de mille et autres résidus et les techniques de conservation de fourrages. A travers l’apprentissage par la pratique et les échanges avec les techniciens, les participants ont été invités à passer d’une logique de perte ou de sous-utilisation des ressources agricoles à une véritable logique de valorisation et de création de valeur. Les séances organisées dans les trois régions constituent donc une invitation à changer les habitudes, à expérimenter de nouvelles pratiques et à faire davantage confiance aux solutions locales.
Une approche bien appréciée par les participants qui estiment que ces séances de démonstration viennent éclairer leurs esprits quant à la valorisation des résidus des cultures pour les animaux. « C’est l’ignorance qui fait qu’on n’accordait pas assez d’importance à nos résidus de cultures alors que nous en avions assez. Mais avec ces séances de sensibilisation et de démonstration, nous sommes maintenant sauvés en matière d’alimentation de nos animaux. » Siaka SANGARE, participant à Bena dans les Banwa.
Au-delà de la simple récupération de ces matières, l’enjeu est de faire comprendre aux producteurs que la gestion des ressources alimentaires doit désormais être intégrée à leurs pratiques agricoles et pastorales. En associant production végétale et élevage, ils peuvent réduire leur dépendance aux aliments achetés, mieux anticiper les périodes de soudure fourragère et améliorer la résilience de leurs exploitations.
L’initiative traduit également la volonté du MAERAH de promouvoir des technologies accessibles, adaptées aux réalités des producteurs et susceptibles d’améliorer durablement les performances des systèmes d’élevage.