Mise en œuvre du mécanisme de gestion de plaintes : Le PRECEL renforce les capacités des comités de gestion des plaintes pour une prévention efficace des EAS/HS dans ses zones d’intervention
Dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan d’Action de Prévention et de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), notamment les Exploitations et Abus Sexuels et le Harcèlement Sexuel (EAS/HS), le Projet de Résilience et de Compétitivité de l’Élevage (PRECEL) a organisé une série de formations au profit des Comités de Gestion des Plaintes (CGP) dans l’ensemble de ses régions d’intervention.
L’objectif de cette série de formation est de doter les comités de gestion des plaintes des connaissances et outils nécessaires pour assurer efficacement la prévention des risques EAS/HS et une prise en charge appropriée, sécurisée et respectueuse des survivants (es).
Projet d’envergure nationale, le PRECEL intervient sur plusieurs filières stratégiques de l’élevage et de l’halieutique, à travers la réalisation d’infrastructures et la mise en œuvre d’actions structurantes au bénéfice des producteurs et des acteurs des chaînes de valeur. Ces interventions, bien que porteuses d’opportunités, peuvent également générer des préoccupations ou des plaintes au sein des communautés bénéficiaires. Conscient de ces enjeux, le PRECEL a mis en place un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) structuré à plusieurs niveaux : un comité national, des cellules régionales ainsi que des comités communaux et villageois.
Présents au niveau national, régional, communal et villageois, les comités de gestion des plaintes jouent un rôle central dans la collecte, le traitement et le suivi des préoccupations des parties prenantes, en particulier celles liées aux investissements structurants réalisés par le PRECEL. Toutefois, la prise en charge spécifique des plaintes relatives aux EAS/HS nécessite des compétences et des outils adaptés. Conscient de ce rôle stratégique, le PRECEL a entrepris de renforcer leurs capacités spécifiques sur la prévention et la gestion des plaintes liées aux EAS/HS. Au total, 85 comités communaux et 94 comités communaux villageois, répartis dans les différentes régions d’intervention du projet, ont été concernés par ces sessions de formation organisées entre novembre et décembre 2025.
Pour Monsieur Sawadogo Issa, président d’un comité communal de gestion des plaintes, cette formation répond à un besoin réel sur le terrain :« Avant, nous savions recevoir les plaintes de façon générale, mais nous n’étions pas suffisamment outillés pour gérer les cas sensibles liés aux abus ou au harcèlement. La formation nous a permis de comprendre comment écouter, orienter et surtout protéger les personnes concernées. »
Pour assurer une couverture efficace de l’ensemble des comités, le projet a privilégié une approche de formation en cascade. Une première étape a consisté à former les Assistants en Suivi-Évaluation et Capitalisation (ASEC) et les points focaux VBG du PRECEL, à travers une session en visioconférence animée par le Spécialiste en Développement Social et l’équipe des sauvegardes environnementales et sociales du projet.
Ces acteurs formés ont ensuite conduit, sur le terrain, des sessions de formation au profit des membres des CGP communaux et villageois. Les formations, organisées au niveau des communes, ont réuni notamment les présidents des comités, les responsables chargés du rapportage, ainsi que les représentantes des femmes, également points focaux VBG au sein des comités.
Les sessions de formation ont permis aux participants de mieux comprendre les concepts clés liés aux EAS/HS, d’identifier les situations à risque et d’adopter des comportements favorables à la prévention. Un accent particulier a été mis sur le protocole de prise en charge des survivants (es), en précisant le rôle de chaque acteur et l’importance de la confidentialité, de l’écoute et de l’orientation vers les services compétents.
Selon Madame Traoré Aïssata, point focal VBG au sein d’un comité villageois « Cette formation nous a donné la confiance nécessaire pour parler de ces sujets sensibles avec les communautés. Aujourd’hui, nous savons comment sensibiliser, mais aussi comment accompagner discrètement une personne victime sans l’exposer davantage. » Pour un chef de village ayant pris part à la formation communale, l’impact est déjà perceptible : « Avec ce que nous avons appris, nous pouvons mieux prévenir les comportements à risque et rassurer les populations. Les gens savent désormais vers qui se tourner en cas de problème. Cela renforce la confiance entre le projet et la communauté. »
À l’issue des formations, les comités ont également été dotés d’outils de communication (guides, posters, supports d’information) destinés à faciliter la sensibilisation des communautés et l’opérationnalisation du mécanisme de gestion des plaintes.
À travers cette action, le PRECEL réaffirme son engagement en faveur d’un développement de l’élevage inclusif, responsable et respectueux de la dignité humaine. En renforçant les capacités des comités de gestion des plaintes, le projet consolide un dispositif essentiel pour la confiance des communautés, la redevabilité et la durabilité de ses interventions au Burkina Faso.
En plaçant les acteurs locaux au cœur du dispositif, le PRECEL contribue ainsi à une gouvernance de proximité des sauvegardes sociales, gage de durabilité et d’impact positif de ses actions au service de la résilience et de la compétitivité de l’élevage au Burkina Faso.
SCOM/PRECEL